Lorsque j’ai ouvert mon Concept Store dédié à libérer la parole sur la sexualité, l’un des articles les plus demandés était, sans surprise pour moi, le Clone a Pussy kit — le kit pour mouler sa propre vulve.
Oui, vous avez bien lu.
Mais qui fait ça ? Pourquoi ? Et surtout, qu’est-ce qu’on peut en retirer concrètement ? Je vous propose ici une réflexion sérieuse sur les bénéfices — multiples et souvent insoupçonnés — de cette démarche, qui n’est d’ailleurs pas si récente qu’on pourrait le croire.
Avant tout : parler de vulve, pas de “foufoune”
N’ayons pas peur des mots. Si vous n’êtes pas encore à l’aise avec le terme vulve, je vous invite à consulter cet article sur l’importance de nommer les choses correctement — et de laisser de côté les “foufoune”, “zézette” et autres approximations qui, au-delà du flou anatomique, entretiennent un rapport infantilisé au corps féminin.
Nommer juste, c’est déjà un acte.
4 raisons de mouler sa vulve
1. Explorer et apprivoiser son anatomie
Créer un moulage de sa vulve est, en premier lieu, un acte d’exploration corporelle. Pour beaucoup de personnes, c’est une façon concrète et tangible de se réapproprier une anatomie souvent mal connue, peu représentée, voire taboue.
Ce type de démarche peut contribuer à renforcer le rapport à soi, à mieux comprendre son propre corps, et à développer une forme d’aisance avec sa propre sexualité, ce qui, dans une société qui peine encore à représenter la vulve sans la sexualiser ou la censurer, n’est pas anodin.
2. Garder un souvenir de son corps
Certaines personnes souhaitent tout simplement conserver une trace de leur corps à un moment donné de leur vie. Un moulage peut devenir un objet personnel chargé de sens, offert à un·e partenaire, conservé comme une forme d’archive intime, ou réalisé à l’occasion d’un événement marquant : grossesse, transition, anniversaire…
J’ai eu des clientes qui commandaient cinq ou six kits à la fois, pour organiser des ateliers moulage entre amies. L’idée : se retrouver, se connaître différemment, dédramatiser, parfois ajouter des paillettes. Un rituel de sororité, quelque part.

3. Un acte artistique et politique
Des artistes s’emparent de l’image de la vulve depuis des décennies, pour la réinterpréter, l’exposer, en faire un acte politique. C’est ce qu’on appelle parfois le Vulvart.
De L’Origine du Monde de Gustave Courbet, régulièrement censuré sur les réseaux sociaux, à la vulve monumentale de 33 mètres de l’artiste brésilienne Juliana Notari qui fit scandale en janvier 2021, en passant par les débats autour des publicités menstruelles, la vulve continue de faire scandale là où elle devrait simplement exister.

Mouler sa propre vulve s’inscrit dans cette logique : rendre visible ce qui est invisibilisé, normaliser ce qui est érotisé à outrance ou tabouisé sans raison.
4. Créer son propre jouet sexuel
Le moulage peut aussi servir à créer un jouet sexuel — pour soi ou à deux. Et c’est là que la démarche prend une dimension intéressante face aux produits existants sur le marché.
Les masturbateurs classiques, souvent présentés comme des répliques de corps de performeuses pornographiques, posent des questions légitimes sur la réification des corps et le consentement à l’image. Mouler sa propre vulve, ou celle de son·sa partenaire, dans un cadre consenti, permet de reprendre le contrôle sur cette dimension et de personnaliser l’objet de manière radicalement différente.
Quel kit choisir ? Le Clone a Pussy en détail
La version standard : le moulage
Le Clone a Pussy kit dans sa version de base contient tout le nécessaire pour réaliser un moulage en silicone de sa vulve : poudre de moulage, silicone durcissant, récipient et instructions. Le résultat est une réplique fidèle, sans latex ni phtalate.
Le processus est simple : on mélange la poudre avec de l’eau, on applique le récipient contre la vulve quelques minutes, puis on coule le silicone dans le moule. Après environ 24 heures de séchage, le moulage est prêt.
La version masturbateur
Il existe également une version avec tube intégré, conçue pour une utilisation comme masturbateur. Cette option s’adresse à celles et ceux qui souhaitent aller au-delà du moulage décoratif ou souvenir, dans une logique de jouet sexuel personnalisé.
Et le Clone a Willy ?
Pour mouler un pénis, le principe est le même avec le Clone a Willy — déclinaison du kit permettant d’obtenir un gode en silicone, voire un vibromasseur si le kit comprend un mécanisme vibrant.
⚠️ Quelle que soit l’utilisation envisagée, il est indispensable de suivre scrupuleusement les instructions du fabricant et de s’assurer de la compatibilité des matériaux avec un usage intime.
Par où commencer si le moulage vous intimide ?
Pas de pression. Si l’idée du moulage vous semble encore un pas trop grand, il existe des entrées plus douces dans cette exploration : dessiner une vulve, la vôtre ou une version anatomique, est déjà un exercice puissant pour déconstruire le regard que l’on pose sur ce corps.
Pas mal comme point de départ, non ?
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