Les différents types de bains japonais : du onsen au bain de sable

rotenburo du yurari onsen bain japonais

Il y a quelques semaines, je partageais une vidéo d’un lieu au Japon où l’on peut creuser son propre bain thermal à même la rivière. Oui, littéralement creuser son bain.
Ce jour-là, après une longue randonnée, nous étions quelques Japonais et randonneur·se·s (dont Chris et moi) à façonner nos petits bassins d’eau chaude sur la berge. Un mélange d’eau bouillante et d’eau glacée, qu’il fallait doser avec patience pour trouver l’équilibre parfait.

Ce n’était pas un spa cinq étoiles, juste un trou dans la terre, mais je me souviens encore de ce moment comme d’un luxe absolu.

Et c’est là que je me suis dit : il faut que je vous parle des bains japonais.
Parce qu’au Japon, prendre un bain, c’est tout un art. Un rituel, presque une philosophie. Et surtout, il y a plusieurs types de bains japonais, tous différents, tous fascinants.


Le bain japonais : plus qu’un moment d’hygiène, un rituel

En France, on prend rarement le temps de s’attarder dans l’eau. Certains n’ont même plus de baignoire.
Au Japon, c’est tout l’inverse. Se laver est une étape, mais le bain, c’est le moment sacré.
Un moment de détente, de recentrage, parfois de partage, mais toujours de respect.

Respect pour le lieu, pour l’eau, pour les autres.
C’est d’ailleurs l’un des sujets que j’ai eu le plus de mal à expliquer comme guide : comment peut-on rendre quelque chose d’aussi simple aussi codifié ?
Mais au fond, ces règles ne sont pas des contraintes — elles sont ce qui rend l’expérience si unique.


Les différents types de bains japonais

1. La salle de bain japonaise familiale

Dans les maisons japonaises, la salle de bain (お風呂場, ofuroba) est conçue pour être mouillée du sol au plafond.
On se lave d’abord énergiquement assis sur un petit tabouret, avec un seau et une louche en bois, avant d’entrer dans la baignoire.
La baignoire — souvent profonde et compacte — sert uniquement à se détendre une fois propre.
L’eau est souvent réutilisée pour les autres membres de la famille : une eau chaude partagée, mais toujours propre.

Ma salle de bain idéale ?
Un mélange de cette tradition japonaise et d’esthétique européenne : une baignoire en bois, un coin douche italienne, quelques plantes, et une grande fenêtre ouverte sur la nature. Le tout dans une pièce où l’eau peut couler librement. Le rêve.


2. Le sento : le bain public du quartier

Le sento (銭湯), c’est le bain du peuple.
Né à une époque où peu de foyers avaient leur propre salle de bain, le sento est un lieu social, presque communautaire.
On s’y retrouve après le travail, entre voisins ou entre amis.
L’eau y est chauffée artificiellement, mais l’ambiance est chaleureuse — souvent décorée de mosaïques, de paysages du Mont Fuji ou de carpes koï.

Le sento, c’est un peu le café du coin, mais version bain.
Et dans les grandes villes, beaucoup renaissent aujourd’hui sous forme de bains rétro-chic ou d’espaces hybrides entre onsen urbain et sauna design.


3. L’onsen : le bain thermal naturel

Voici le plus célèbre : l’onsen (温泉).
C’est un bain alimenté par une source d’eau chaude naturelle, riche en minéraux, souvent niché dans des régions volcaniques.
Chaque onsen a sa propre composition chimique, et donc ses vertus : peau douce, circulation sanguine, sommeil, articulations…
Mais attention : tous les bains chauds ne sont pas des onsens.
Pour mériter ce nom, l’eau doit provenir d’une source naturelle reconnue par la loi japonaise.

On peut les trouver dans des auberges traditionnelles (ryokan), des villages reculés ou même en pleine nature.
Certains sont mixtes, d’autres réservés à un genre. Certains sont luxueux, d’autres rustiques.
Mais tous partagent la même promesse : le lâcher-prise total.


4. Le rotenburo : le bain en plein air

Le rotenburo (露天風呂), c’est la poésie du bain japonais : un bain extérieur, souvent rattaché à un onsen ou un ryokan.
Imaginez-vous immergé·e dans une eau à 40°C, entouré·e de neige ou de forêt, parfois avec le bruit d’une rivière en fond sonore.
C’est l’expérience sensorielle ultime.
On y reste longtemps, silencieux, à regarder la vapeur s’élever dans le froid.

C’est là que le temps s’arrête.


5. Les bains de sable et de rivière

Et puis, il y a les plus rares.
Les bains de sable (砂風呂, sunaburo) comme à Ibusuki, au sud de Kyushu, où l’on vous enterre littéralement dans du sable chaud chargé de vapeur volcanique.
Une expérience surprenante, presque cocoonante, censée détoxifier et apaiser les tensions musculaires.

Ou encore ces bains de rivière, comme celui que j’évoquais au début : des bains naturels façonnés à la main, au fil de l’eau, à la merci des éléments.
Les Japonais ont cette manière si particulière de rendre la nature habitable, habillée, mais jamais domestiquée.


Comment prendre un bain japonais (sans faire d’impair)

  1. On se lave d’abord, minutieusement.
    Savon, shampoing, petit tabouret et seau ; tout doit être propre avant d’entrer dans l’eau.
  2. On rince tout (et on range).
  3. On entre lentement dans le bain, propre, cheveux attachés.
  4. On se détend. Pas de plongeon, pas de bruit, pas de serviette dans l’eau.
  5. On ne se rince pas après un onsen, pour garder les bienfaits minéraux sur la peau.
  6. On se sèche et on boit du lait (oui, c’est une tradition !).

Pourquoi on en ressort différent

Au-delà des bienfaits physiques, le bain japonais est une leçon de lenteur et de respect.
C’est un moment où l’on prend soin de soi, des autres et du lieu.
Un espace où l’on apprend à se taire, à respirer, à observer.

Et peut-être qu’après cet article, vous ne prendrez plus jamais votre bain, ni votre douche, de la même manière.


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Le Japon d’une sang-mêlée

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